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Frise chronologique
XIVe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIVe siècle (≈ 1450)
Tour de défense militaire édifiée.
1490
Procès pour la possession
Procès pour la possession
1490 (≈ 1490)
Imbert de Chamborant contre Pierre de Brion.
1497
Attribution à Pierre de Chamborant
Attribution à Pierre de Chamborant
1497 (≈ 1497)
Jugement en sa faveur pour Jouillat.
1700
Achat en adjudication
Achat en adjudication
1700 (≈ 1700)
Marguerite de La Seiglière acquiert le château.
1714-1733
Travaux majeurs
Travaux majeurs
1714-1733 (≈ 1724)
Rénovations par le marquis de Montboisier.
15 juin 1926
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
15 juin 1926 (≈ 1926)
Inscription à l’inventaire supplémentaire.
1996
Donation aux héritiers
Donation aux héritiers
1996 (≈ 1996)
Transmission à la famille Chevereau.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château : inscription par arrêté du 15 juin 1926
Personnages clés
| Imbert de Chamborant - Seigneur et plaideur |
Initiateur du procès pour Jouillat en 1490. |
| Pierre de Chamborant - Premier propriétaire connu |
Obtient le château par jugement en 1497. |
| Marguerite de La Seiglière - Acheteuse en 1700 |
Acquiert le château en adjudication. |
| Denys Michel de Montboisier-Beaufort-Canillac - Marquis rénovateur |
Transforme le château entre 1714 et 1733. |
| Joseph Louis Léopold Chassinat - Conseiller de préfecture |
Propriétaire en 1886, rédige un testament. |
| Jacques Chevereau - Propriétaire actuel (famille) |
Héritier depuis la donation de 1996. |
Origine et histoire
Le château de Jouillat, situé dans le département de la Creuse en Nouvelle-Aquitaine, est à l’origine une tour de défense militaire construite au XIVe siècle. Contrairement aux châteaux seigneuriaux classiques, cette structure se limite à un donjon rectangulaire flanqué de quatre tours d’angle rondes, couronné de mâchicoulis. Son escalier en vis inversé suggère une vocation purement défensive, probablement destinée à protéger deux autres châteaux voisins. La tour, abandonnée pendant une période indéterminée, a subi des prélèvements de pierres par les paysans locaux, entraînant la disparition de ses cheminées d’origine.
Au XIXe siècle, le donjon est réhabilité en habitation : les plateaux intérieurs sont cloisonnés pour créer des pièces à vivre, et des cheminées sont reconstruites dans un style anachronique, typique de l’époque. Le portail d’entrée est alors orné de deux statues de lions dévorant des hommes, provenantes du château de Bretouilly situé sur la même commune. Ces sculptures, ajoutées à la fin du XIXe siècle, marquent une volonté de décoration ostentatoire, contrastant avec l’austérité initiale de la tour.
Le château change fréquemment de propriétaires à partir du XVe siècle, passant entre les mains de familles nobles comme les Chamborant, les Madot ou les Chassinat. En 1497, un procès oppose Imbert de Chamborant à Pierre de Brion pour la possession des terres de Jouillat, finalement attribuées à Pierre de Chamborant. Les archives révèlent une succession complexe, incluant des achats en adjudication (comme celui de Marguerite de La Seiglière en 1700) et des héritages contestés. Entre 1714 et 1733, le marquis Denys Michel de Montboisier-Beaufort-Canillac entreprend d’importants travaux, donnant au château son apparence actuelle, avec des réparations sur la toiture et les bâtiments annexes.
Classé à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis le 15 juin 1926, le château de Jouillat reste une propriété privée. Il n’est accessible au public qu’à l’occasion des Journées du patrimoine. Son architecture hybride, mêlant éléments médiévaux et ajouts des XVIIIe et XIXe siècles, en fait un témoignage rare de l’évolution des fortifications en habitat résidentiel. Les archives locales, notamment les travaux de Denis Loche (2017), documentent précisément son histoire et ses propriétaires successifs, offrant une chronologie détaillée depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours.
La tour, initialement conçue pour un usage militaire, illustre les mutations des châteaux forts en Limousin : d’abord symboles de pouvoir et de défense, ils deviennent progressivement des résidences aristocratiques, puis des biens privés. Les transformations du XIXe siècle, bien que peu respectueuses de l’esthétique médiévale, reflètent les goûts de l’époque et le désir de moderniser ces édifices anciens. Aujourd’hui, le château de Jouillat incarne cette dualité entre patrimoine militaire et histoire familiale, préservé malgré les aléas de ses sept siècles d’existence.
Devenir actuel
Le château est aujourd'hui privé et ne se visite pas sauf pendant les journées du patrimoine.